‹ Double règne (volume 2)Chapitre 120 sur 191 · CHAPITRE XIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIX

d'après ils entendirent, à quelques pas d'eux, la chute d'un corps pesant dans l'eau. Ils ne tardèrent pas à découvrir la victime dont le courant s'était saisi , et le fils des preux fut sauvé.

Raymond , transporté au moulin , n'avait repris ses sens que Ion g- temps après. La mort planait alors sur sa tête , et sa raison était perdue.

Une fièvre aiguë et continuelle dévorait le jeune malade. Les docteurs de Coucy-la- Ville désespéraient d'abord de ses jours. Néanmoins leurs efforts l'emportent. C'en est fait , il ne mourra point : le temps le guérira peu à peu.

Il s'est passé diverses saisons. Le chevalier, rendu à la vie, se lève enfin du lit des douleurs ; mais sa mémoire est vague et

confuse ; son front est pâle et consterné. Pauvre Raymond ! qu^il a souffert ! . . . .

Le fils des comtes de Toulouse a reconnu Robert de Brienne.

» — Ami ! qui t^envoie ?

» — Enguerrand.

>) — Coucy ne m^a donc pas oublié ?

)» — Coucy pleure son frère d'armes.

» — Il m'a pleuré !... lui !...

)t — Devant moi.

» — Ecoute , reprend le malade ; je suis )) faible encore, vois-tu. Ne me dis pas des » choses trop fortes , tu me rejeterais à la )y tombe ; et puis maintenant , je Tavoue , » puisque Coucy m'a regretté, je revien- » drais sans peine à la vie. Quoi î vraiment , )) répète-le-moi , un frère d'armes me pleu- » rait î Et ce frère était Enguerrand ?

Page 1