CHAPITRE XIX
» — Je viens te chercher : il l'appelle.
» — Où est-il ? Robert !
>» — En Bretagne.
» — En Bretagne î... je mV l'endrai.
n Que fait-il là ? mes souvenirs Sais-tu
» que j'ai perdu la mémoire. C'est un bien- » fait de la providence. Car il y avait autre- » fois dans ma pensée des choses infernales, )) qui ne permettaient point de vivre ; je )» ne me les rappelle pas bien, mais j'ai » efiroi de leur retour. Attends , voici plu- » sieurs d'entre elles : un message de la ré- » g ente, . . la défection du diœ de Bourgogne, . . » la levée du camp de Corheil,
» — Eh ! c'est là de l'histoire ancienne ! )) interrompt le léger Brienne. Les vieux mé- » faits de Hugues IV ? A quoi diable vas- » tu songer ? Des choses du siècle dernier ! » C'est revenir de l'autre monde. On a, ma
)) foi, au camp de Coucy, autres difficultés » sur les bras , autre remue-ménage à la )) tête. »
L'œil fixe et la bouche béante, le guerrier malade écoutait. Les nuits du passé commençaient à s'éclaircir à ses yeux. Ses idées reprenaient leur cours. Le souvenir lui revenait.
« — Ainsi, répond-il lentement : le mes- » sager venu d'Orléans qui remit au duc de » Bourgogne une lettre de la Régente... On )) n'a point divulgué son nom ? L'armée » n'a point maudit le traître ? Coucy ne l'a » point dégradé ?... •
» — Je ne sais ce que tu veux dire. Un )) messager venu d! Orléans ! je n'en ai jamais » ouï parlé , ni sans doute Enguerrand » non plus. Une lettre , un nom divulgué , » malédiction , dégradatiort , qu'est-ce que