CHAPITRE XIX
n c'est que cette histoire ? Voyons , tu as
» encore la fièvre ; ayant oublié , tu in-
» ventes; ayant des loisirs, tu composes ;
)) ce devra être intéressant. J'écoute. Omon
)) Dieu ! qu'il est pâle î D'honneur , on di-
» rait un fantôme , un très-joli fantôme
» pourtant, malgré souflPrance et maladie.
» A propos, pèlerin des ondes ! as-tu noyé
» aussi tes amours ? )>
Raymond, depuis sa scène au Val des Ombres , était tombé trop profondément dans l'apathie de la douleur, pour pouvoir remonter d'un premier bond à la violence des passions. Sa figure est demeurée calme.
Robert a changé de discours.
rt — Quand rejoindras-tu les rebelles ?
» — Les rebelles !
)) — Ce mot l'étonné ?
» — Tu nommes ?. . .
» — Les gens par leur nom. Mais lais- » sons cela. Quand pars-tu ?
)) — Dès demain, j^espère te suivre. »
Briennea éclaté de rire.
» — Me suivre Ihïen imaginé ! Apprends, )) mon pauvre camarade , que je ne re- » tourne point en Bretagne ; c^est le plus » sot pays de la terre; je m^ ennuyais à la » rage.
» — Tu quittes le camp de Coucy ?
» — J'en ai assez de lui, je déserte. »
Le Toulousain frémit indigné. '
(( — Quoi ! répète-t-il : Tu désertes !
)) — Qu\is - tu donc ? continue Robert n avec un redoublement d'hilarité. Pour- » quoi cette plaisante mine ? est - ce que » tu crois bonnement que je serais assez