CHAPITRE XIX
)> fou pour me clouer à telle ou telle ban- )> nière, et me sacrifier à tel ou tel per- )) sonna g e , quand m'appelle ailleurs mon » caprice ! Fi I j'ai une morale à moi , » que , bonne ou mauvaise , je pratique )• en toute sûreté de conscience : et la voici » cette morale, la seule raisonnable ici-bas. •) Pour route , areyitures et joies ; pour but^ j> richesses et pouvoir; pour escorte , amours » et folies. »
Raymond a détourné la tête, et Brienne pi)ursuit gaiment.
<( — Le monde est comme les vieil-
)) lards , je crois qu'à mesure qu'il avance
)» en âge , il empire , aigrit et radote : je
» fais aussi comme eux , c'est possible. En
)> tout cas , abandonner la cause du roi
)> des Français n'est certes pas un Irait de
)) folie ; l'acte , au contraire , est de prn- 2. 18
)) dence. Car , entre nous , et de bon
» compte , c'est chose piteuse , vraiment ,
i< qu'une monarchie révolutionnaire. Le
)) vent de la cupidité , de Fambition et de
» la peur qui souffle autour du quasi-trône
» j calcine Tintelligence , y dessèche la
)) chair et Famé. J'en ai , pour ma part,
)) les joues caves. Tout y va chaque jour
)) de mal en pis ; et la désolation qui s'é-
» tend, y fait niaisement l'étonnée. Merci-
» Dieu ! j'ai tout campé là.
» — Infamie ! murmure Raymond. )>
Mais Robert n'a pas entendu.
n — Figure-toi , continue-t-il , que la )> cause, prétendue nationale, ne s'appuie » que sur l'étranger ! L'usurpation , car, )> vois-tu bien , il faut en venir tôt ou tard » à donner à chaque chose le nom qui » lui est reconnu propre , Vusur'patiori se