CHAPITRE XIX
C'en est trop : ces deux derniers mots , ces mots de brûlante mémoire , frappant au cœur du Toulousain , y rallument ses vieilles flammes.
« — Retire- toi ! s^écrie le chef; retire- )) toi , Robert ! ou mes paroles dMndigna- » tion vont te jeter ta honte au visage ! )) Déserteur ! va rejoindre Blanche : mon i> chemin est tracé ailleurs.
)» — Eh ! mon Dieu ! riposte Brienne , )) va ton train ! Pas de fâcheries. Trace ton » sentier à ta guise : je n'empêche rien , » Dieu m'en garde ! Chacun son opinion , )) c'est tout simple. J'en ai eu de toutes )) les sortes , j'en tiens de toutes les cou- )) leurs. Souvent , ne croyant à aucune , ne H sachant laquelle choisir , je les ai toutes » ramassées , je les ai mêlées dans un sac,
» et , pour me sortir d^embarras , j^ai tiré » à la courte paille. Adieu, mon brave! )i adieu ! Au revoir î »
Leurs mains ne se sont pas pressées.
Un beau soleil du mois de juillet ^ dardait ses feux étincelans sur les rives de la
La balaille de Taillebourg eut lieu le 20 juillet. —
Charente. De tous côtés , non loin de Saintes , se déployait Tannée d^Enguerrand et des princes confédérés. Le roi d'Angleterre, Henri III, Guillaume Longiie-Epée ^ fils bâtard d'Henri H , le comte de Leicester , et une légion de troupes anglaises, campaient dans les prairies de Tournaj , au pied du fort de Taillebouro* . Le comte de la Marche , Hugues de Lusignan , beau-père d^HenrilH, Geoffroi deRancogne, seigneur de Taillebourg , Savary de Mauléon , les comtes de Nevers et de Dreux , Réginald de Pons , et tous les suzerains du Poitou , marchaient sous les drapeaux de Coucy.
Du Chesne , 338. — De Sacy , Histoire de saint Louis, 1. 5, p. 335.
* Du Chesne, 339. — Histoire de saint Louis ^ par Guiart, 137— Mathieu Pans, Histoire d' Angleterre, 590.
— De Sacy, Histoire de saint Louis , in-4, t i , p. 535.
— Sismondi, t. 7.