CHAPITRE XX
Jamais armée plus imposante ne s^était levée plus terrible. Deux cent mille hommes réunis menaçaient Louis et la France'.
Le jeune héritier de Philippe-Auguste avait vu s^amasser la tempête; et, loin de chercher à la détomner , il accourait au devant d'elle. Déjà, développés en lui , la force d''ame de sa mère, le génie de son grand aïeul, etFintrépidité de sa race, signalaient au monde un gi^and homme. Louis a déployé Toriflamme ; il s'avance à marches forcées ; et , ceint de Tépée des héros , il est aux bords de la Charente.
Les ennemis sont en présence. La ban-
^ Guiart, Histoire de saint Louis ^ 138. — De Sacy , Histoire de saint Louis, in--4 , t. 1 , p. 541. — Philippe Mouskes , 89. — Mezerai , in-fol. , t. i , p. 580. — Anqiietil, t. 2, p. 148. — Si'^monde de Sismondi, Histoire des Français, t, 7.
nière de Louis IX resplendit au loin dans les airs ; les confédérés Ta perçoivent ; et déjà le roi des Français a vu pâlir plus d^un visage.
L'insolent orgueil d'Henri III avait irrité, depuis long-temps , la ligue et ses braves guerriers : Henri leur parlait en monarque; il forçait les chefs du pays à lui prêter foi et hommage '. Un mécontentement général fermentait parmi les rebelles : là , plus d\in repentir , en secret , demandait grâce au roi de France ; beaucoup avaient déjà leur pardoFj.
Une tentative infâme et déloyale était venue , récemment et par surcroît , soulever
' Do Sacy , Uistoire de saint Louis, Jn-4, 1. 5, — Daniel, Uistoirc de France, in-4 , t. A, |>. 25. — iMalh. Paris. Histoire d'Angleterre.
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d'indignation contre TAnglais les cohortes confédérées. Isabeau, mère d'Henri III et femme du comte de la Marche, avait essayé d'attenter à la vie de Louis IX par le poignard et le poison ) mais , découvert et publié , le projet , lâchement conçu , avait honteusement échoué ^
Le sire de Coucy voyait se refroidir chaque jour Tardeur de ses zélés partisans. Les convictions au service de tous les évènemens, et les consciences à la merci de toutes les nécessités, se détournaient, alors, du trône électif, comme, autiefois, de
'Du Chesne, 55T-. — Vincent de Beauvais , Miroir liistorial, 128o. — MSf. F. Vie de saint Louis, parmi confesseur de la ieiiiç< Marguerite, 89, 774. — De Sacy, Histoire de saint JL'quis , 328, — Mezerai, in-fol. , (). 579. — Anquetil, l.'2, p. 148. — Sisinondi, Histoire des Français ,1.7. p. 257. — G. de Sangis ann. . p. 182. — Chr. de Saint- Denis , p. 59.
la monarchie héréditaire; le vent de la fortune changeait.
(( — Vous rappelez-vous mes paroles?
» leur disait parfois Enguerrand : Varhre
)) d^u7ie nouvelle dijnastie^ sur le sol des yuer-
)) res civiles ., bien qiion arrose son pied de
» sang^ pi^end difficilement des racines; il
)> sèche; et parfois^ lorsqu'il tombe , malheur
)> à ceux qui Vont 'planté! »
Beaucoup de bannerets cependant se dévouaient encore à sa cause et lui juraient fidélité ; le vaillant sire de Coucj, toujours invincible aux combats, tenait4es destinées de la France, et peut-être celles du monde : à en croire ses chevaliers. Lui seul, il contes- (estait, parmi eux, son influence et son empire.
<( — Guerriers ! leur disait le héros, ne