CHAPITRE XX
armés , sous d'errantes nuées de dards , ils s'élancent vers Louis IX. Les eaux se rougissent de sang ; les courans roulent des cadavres ; mais plus d'un preux échappe à la mort , et la rivière est traversée. Cent braves ont rejoint leur prince.
Quelques barques , pendant ce temps , chargées d'hommes d'armes français , atteignaient aussi le rivage. Les défenseurs du roi se renforcent; une légion sacrée se forme, et Louis ÏX est dégagé.
Le pont, qu'embarrassaient les morts et les blessés , ouvre enfin son étroit passage : des files de preux l'ont franchi , et les combats changent de face.
L'Anglais a fui de toutes parts. C'est à son tour Henri d'Albion qui , bien que lâchement en arrière, se voit sur le point d'être pris. L^uinée anghiise de réserve n'a pu le
298 DOUBLE REGINE.
secourir à temps. La victoire est au fils de France, victoire éclatante et complète.
Henri III , sauvé par son beau-frère Richard , se dirige éperdu vers Saintes. Sa frayeur tient de la démence ; il n^a point cherché a rallier ses troupes : il n'a tenté aucun moyen de reprendre TofTensive. Il a perdu plus qu^un combat , il a perdu Fhonneur sans retour; car, à la face de PEurope , sans réflexion ni pensée , là , en tête de la déroute , il Va rendue irréparable ' .
Richard, comte de Leycester, s'avance au devant du vainqueur, une baguette blanche à la main. Il se jette aux pieds du monarque, et demande deux jours de trêve ^.
' Voyez toutes les Vies de snint Louis.
^Mathieu Paris, Histoire d'Angleterre y bOO. — Du Chesne. — Guiart, Histoire de saint Louis. — l)e Sary , Histoire de saint Louis, I. 5.