CHAPITRE XX
)) au château de Coucy, et que vous me » forçâtes d^accepter. Je prévoyais à cette » époque , vous vous le rappelez , messires ! » qu'il tomberait tôt ou tard de mon front : )) et si je consentis à le ceindre , ce ne fut » que pour empêcher la ligue de couronner )) quelque perfide. L'anarchie eût levé la » tête , l'étranger nous eût envahis , la » France entière était perdue , si , par vous » porté sur le trône , im traître eût revêtu » la pourpre. Honneur, devoir, peuple et )) pays , ce traître eût tout sacrifié pour » conserver le rang suprême.
)) La voici, cette brillante couronne que » j'ai eu la force de regarder sans m'en » être laissé éblouir ! Je vous rends ce dé- )) pôt sacré : c'était le bien d' autrui, non i> le mien.
)) QuVst-ce qu'un roi de France.^ niessi-
» res : ce ne peut être un chef dVleclion )» pris ici ou là par caprice , par peur ou » par nécessité. Non. Le pays où la majesté )) souveraine n^est pas élevée au-dessus de » la pensée des changemens et de Tesprit » des révolutions, est un pays esclave et n sans vie : oui , esclave et sans vie ; » car , en fait de nation, rien n^est li- » bre que ce qui ne dépend pas de Tin- » constance des volontés humaines ; rien » ne subsiste que ce qui a un principe )) d''existence sociale antérieur et supérieur )» aux lois , un caractère sacré d^nviolabi- » lité dominant le cercle des âees. Un roi » de France , parmi nous , doit être la per- » sonnification vivante du royaume, la )) physionomie morale du peuple , Tame de » TEtat incarnée dans son représentant lé- >» gitime. Immuable passager du trône , » son nom , reproduit de père en fils , doit