CHAPITRE XX
» traverser en maître les siècles. Ne nuus
>) attribuons donc pas le droit , par des es-
>^ sais aventureux , de tout remettre en
» question , institutions, peuples et rois:
» souvent renouveler c^est détruire. Le té-
n méraire novateur qui , ennemi des droits
)> consacrés, veut tout ébranler , peut tout
» perdre, honneur, fidélité, devoirs, foi,
» traditions et liberté. Alors s^ouvre un
)) gouffre sans fond , où viennent périr à la
» fois la monarchie , la religion , Tordre
)» social tout entier.
» Amis ! que vos yeux se dessillent.
» Moi, votre compagnon, votre égal, pou-
» vais-je être votre monarque? non, je n^étais
» qu^un instrument ; s^il fut autrefois né-
» cessaire , il n^est aujourdliui que nui-
» sible. Brisez-le , finstant est venu. Je n\u
)) laissé commettre aucun crime tant que
» j^ai régné parmi vous. Nulle trahison , 2. 20
3(HÎ DOUBLE RÈGNE.
» orace à moi , n^a déshonoré vos dra-
» peaux. Sans reproche à mes propres
» yeux , je me retire du pouvoir. Loin
)) de moi Fhorrible pensée d^attacher mon
)) nom à des guerres civiles , ma vie à des
» annales de sang , mon souvenir à des
)) désastres. Je ne vous quitte pas néan-
)) moins ; si, par événemens imprévus , il
» vous faut encore mon glaive : roi , j^ab-
» dique et je disparais ; soldat , je nVarme
» et suis à vous \ »
' Cette action magnanime d'Enguerrand de Coucy est longuement rapportée par l'historien de sa maison, François de Lallouette. Écoutons cet écrivain.
« La reine Blanche avait gagné les seigneurs à elle, » et détourné par ses menées le comte de Champagne
« et autres du parti de Coucy Le sire de Coucy
t» (bien qu'il eût assez de force et de moyens pour ï la vaincre, et maintenir par les armes son droit » d'élection), le sire de Coucy était si amateur de