CHAPITRE XX. :ni
sant et solennel. Un seul des siens prend la parole.
« — Vous avez obtenu pour nous tous , >» des pardons, des honneurs, des grâces : » vous aurez votre part sans doute ! Tavez- » vous réservée ? quelle est-elle ?
» — Quelle est ma part ? répond le chef » avec un sourire de reproche. La voici : » Retî'aite et oubli. Je n'ai pas demandé » autre chose. Je vous Tai déjà dit , che- » valiers ! je ne songeais ici qu!à voif^s , je » n*ai dû oublier que moi. )>
Plusieurs voix se sont élevées.
« — Nous ne souiffrirons pas cet oubli.
» — Daignez m'écouter avec calme , a )) continué le grand homme. Vous m'aviez » nommé roi des Français : j'en ai porté j) le titre un instant ; ce titre en passant
» sur mon nom Va banni des grandeurs » humaines ; je suis condamné désormais » à ne plus pouvoir être rien parmi mes » semblables. Tout poste, après celui que )) j'ai occupé , me serait misérable et bon- » teux. Il faut au sire de Coucy, pour votre » gloire et pour la sienne , la paix , la re- » traite et Foubli.
n Mais nMmporte où je pourrai vivre ^ » amis ! je ne serai point à plaindre. J'au- » rai sauvé la France et le trône, j'aurai » pacifié mon pays ; et je n'aurai sacrifié » pour arriver à ce but immense que ma » carrière et mes destins : cette pensée suf- » fira seule pour charmer le reste de ma )j vie. Il est des dévouemens célèbres qui » portent avec eux de hautes récompenses . )» parce que Fenthousiasme public les trans- » met à l'immortalité : le mien ne sera >' point de ce genre. Privé de cet éclat cou-