CHAPITRE XX
M solateur qu^à tout prix on recherche en )) France , il nWra ni retentissement , ni » acclamations ni prestiges; et c'est moi » qui le veut ainsi.
» Je désire , nobles guerriers ! qu'ici , )> comme en famille , entre amis, mon sa- )) crifîce soit caché , mon dévouement reste )) inconnu. Je ne veux, pour prix de mon » entier renoncement au monde et à ses )) enivremens , que le repos de ma con- )) science et ma joie du bonheur public. On )) peut exister sans hommages , sans digni- » tés et sans couronne. Je pourrai regretter » les camps et les magies du champ d'hon- » neur; mais je me dirai à Fécart : Placée » dans r éternelle balance^ la gloire est fumée » qui s^ échappe : la vertu seule y est pesée.
» Oui , c'est moi-même qui Texige , il )) faut qu'un voile impénétrable enveloppe,
et à tout jamais , Fabdication de votre prince. L''histoire , fable sanctionnée , éternel faux témoin des temps , vague lueur d'un long mensonge, ne dira rien du roi Enguerrand. Vous seuls, dans le secret de vos cœurs , vous honorerez sa mémoire : et pour elle ce sera ) assez. Hélas ! dans les jours à venir , peu-
> pies, guerriers et souverains, n'auront
> gardé dans leurs annales aucun souvenir ) d'Enguerrand ; mais le grand acte de ce
) jour sera-t-il perdu? Non , messires :
) le ciel n'aura rien oublié ^ »
Une résignation sublime était empreinte sur les mâles traits du héros : il se vouait au bannissement comme on se consacre à
' Presque tous les historiens onl glissé légèrement sur la royauté éphémère du sire de Coucy , néanmoins son nom est passô immortel à In postérité.