‹ Double règne (volume 2)Chapitre 140 sur 191 · CHAPITRE XX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XX

la gloire. Son admirable sacrifice était une nouvelle révélation de tout ce qu^il peut y avoir de merveilleux dans Famé d^un grand homme. Coucy n^était cependant point arrivé sans souffrance et sans combats à cette suprématie de vertu. Mais il y a entre le génie et la douleur une harmonie secrète et divine : l'un ne grandit jamais autant que quand Tautre s^unit à lui.

Enguerrand a brisé son sceptre ; il n''a plus ni titres ni couronne. Il sort lentement de sa tente ; et les rangs s^ouvrent devant lui : et , sur son passage , humblement , les fronts et les genoux se courbent. Il était plus roi que jamais ; car , s^élevant pardelà les trônes, il planait sur Thumanité ^

» « Enguerrand après s'être départi de l'honneur » qu'on lui avait fait, et après avoir abdiqué . Louis, ï> fils de Blanche, n'ayant plus d'empêchement et con-

'( — Quoi ! pour toujours son glaive au

» fourreau î murmuraient tout bas quel-

» ques braves, i*

Enguerrand s^est tourné vers eux.

« — Je suis encore à vous , chevaliers ! » commandez , je vole aux combats. Mais » il faudrait, pour ordre, ces mois: Français! )> cours égorger tes frères! Fonds sur les sol- » dats de ton roi! Va ravager sur cette 'plaine^ » au 'profit d'un prince étranger , le sol sacré

» tradiction, fut peu après sacré "Louis IX, surnommé » saint Louis , de qui sont descendus tous nos rois, » lesquels doivent bien estimer la mémoire de ce » seigneur de Coucy qui, par sa grandeur d'ame et ses » vertus leur a délaissé et cédé les droits du royaume i> dont ils sont aujourd'hui tant honorés. Vu l'exemple » d'Eiiguerrand, on a depuis méprisé les voies d'élecj> tien, et on a laissé toujours aller le sceptre à l'héritier » légitime. »Lalloueltc, Histoire de la tnaison de Couctf^ 1. III, p. 136 137.

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