CHAPITRE XX
» de la pallie/ Qui osera ni^inlimer cet » ordre? »
Aucune voix n^a répliqué. Un cri pari du cœur d''Enguerrand ; et ce cri , répété de lous, va retentir au loin sur la plage :
<( — Français ! vive le roi de France ! • n
* f Ce n'était pas chose étrange et nouvelle d'aroir » élu Enguerrand de Coucy pour roi ; mais ce fut chose » bien extraordinaire ( vu l'ambition habituelle et » générale des^princes) , de lui voir délaisser une telle » couronne pour le bonheur et la tranquillité du
1» royaume. S'il eût maintenu cette couronne sur sa » tête, comme il le pouvait, saint Louis et ses suc-
^ cesseurs en eussent été privés
» On doit donc bien soigneusement remarquer, et i> dignement enregistrer aux livres des rois de France, » que c'est par la vertu, magnanimité, sagesse, pru- « dence et adresse du sire Enguerrand de Coucy , que » la couronne de France est demeurée à la maison de » saint Louis; et que c'est par lui que cessèrent pour » jamais tous les doutes et dilïicultés de l'élection. » dont auparavant les rois avaient souci. » Lallouette, Histoire de la maison de Coucy. 1. 3, p. 138.
x4lUSSItôt après que Robert de Brienne eut quitté le moulin de Clolilde Amiot , le frère dWmes d^Enguerrand, repris par une fièvre brûlante , était retourné aux portes de
la mort. Il avait d^abord, forcément, ajourné son départ pour Saintes. Puis, morne, endolori , abattu , Raymond, sans espérance et sans but , avait laissé sur lui , à la fois , passer la souffrance et le temps , non- seulement avec une froide insouciance, mais avec un amer dédain.
Un seul événement imprévu était venu , pendant le cours de sa longue maladie , ranimer son regard éteint , raviver un instant son ame. Hakem, après de longues recherches , Hakem , toujours fidèle à son maître , avait découvert sa retraite ; et Raymond , dans sa main tremblante , avait serré la main de Tesclave. %
Le jeune comte de Toulouse , recouvrant entin sa vigueur, a pu se revêtir de ses armes. Mais, n'ayant plus la force de se rattacher au monde avec la ténacité hu-