‹ Double règne (volume 2)Chapitre 147 sur 191 · CHAPITRE XXI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXI

» ma rage contre elle un édifice de ven-

)) geance , monument de bronze et d^airain,

)) d^un bloc aussi dur que mon cœur :

)) aide-moi à sa construction. Oui, viens!

» et Marie est à toi.

)) — Marie ! . . . j)

Et, en poussant ce cri d'amour , Raymond , par un mouvement presque involontaire, a laissé aller sa main vers celle de Roger : mais un frisson mortel Va. saisi.

» — Funèbre messager ! reprend-il, te

)> croirais-je ?... Où conduirais-tu ?... Mon

» vieux père ? — un meurtre ! ma

» sœur !... Non ! la raison humaine ne

» saurait suffire à tant d^angoisses à la

)) fois. Et Marie !... Marie ta captive !...

)) Oh ! j'aurais voulu sentir de saintes pro-

» messes et quelque rassurant témoignage

)> dans le serrement de ta main ; j'en at-

») tendais une chaleur réconfortante 5 le )) contraire a eu lieu , Roger. Misencon- « tact avec le tien , mon sang s^est figé )» dans mes veines. Quelque être de mal- » heur, en rapport avec toi, planant invi- » sible sur nous, est ici armé pour détruire ; » je sens sa présence cachée. Ecoute ! sire » de Béziers I quelque chose m''attire vers )) toi : c'est Marie sans doute, c''est elle. Et » pourtant ton aspect sinistre , au moment » même où je te suis, ne m'a jamais tant )' repoussé. »

Le vieillard, en son œil oblique, laissait errer d'étranges lueurs : mais parmi les singulières pensées qui s'y manifestaient , il se gardait de jeter la menace , de peur qu'arrêtée dans sa course, elle n'y rencontrât un défi.

" — Sois à moi ! n^importe comment !

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