‹ Double règne (volume 2)Chapitre 157 sur 191 · CHAPITRE XXII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXII

Mais comment leur mortel ennemi, changeant de sentimens et d^idées , s^était - il décidé tout à coup à les réunir Tun à Tautre?... Quoi ! celle dont , par haine et vengeance, il avait d^abord juré la perte; puis, qu'il avait promise et fiancée à Enguerrand sous une condition expresse et terrible où dominait encore la vengeance ; celle que , naguère, à Thermitage de Fontainebleau, il avait violemment arrachée au pèlerin du Val des Ombres; cette même héritière de Montfort dont la possession ne lui était précieuse que comme utile à ses fureurs : Pétrange vieillard, aujourd'hui , la marie au comte Raymond, sans imposer aucune promesse , sans exiger aucun traité !.... Quel est donc le but du vicomte ? n'a-t-il plus de haine en son ame ? a - t - il pardonné sans retour à son implacable adversaire ?...

n'est-il plus, revenu au bien, qu'un sincère 2. 23

ami pour Raymond , qu^un tendre père pour Marie ? . . . Oh non ! ses regards le trahissent : ils sont plus fourbes que jamais ; rien ne révèle en eux la vertu. Sous ses bontés que de mystères ! —

Hélas ! tout entiers à Famour et à ses douces illusions, les deux amans oublient Tunivers. Aucune pensée effrayante ne les arrache à leur ivresse. Leur enchantement est sans trouble, et leur bonheur sans épouvante : Famour a tout couvert de ses voiles.

Les momens s^écoulent avec rapidité quand un sentiment irrésistible absorbe Fesprit et le cœur. Un prisme trompeur et magique , aveuglant les futurs époux , les tenait, radieux génies, dans Fineffable ciel des amours.... Roger paraît; le prisme est brisé.

«( — Ravmond l dit le vieillard d^un ton

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