CHAPITRE XXII
. » — Attendez ! Que Marie prononce : je
» n^obéirai qu^à sa voix. Un mot de sa
» bouche , raessire ! et je la suivrai n'im-
)) porte où, soit à Thymen soit à la
)) mort !
» — Quoi ! Raymond , dit la jeune fille , » vous ne saviez rien , en venant à moi , de » cette noce au fond des caveaux? Vous )» n^étiez pour rien dans ces brusques pré-
)) paratifs de mariage? , Ainsi donc il
» agit tout seul ! Qui Fa autorisé ? Per-
» sonne. Ah! Raymond! quel homme et » quel lieu! — Il me semble ici, par » avance , que j^ai horreur de son autel, que » j^ai même horreur de son prêtre.
)) — Soit ! a répliqué le vieillard ; j^ » consens , plus de mariage. >>
Le sire de Béziers sortait.
« — Arrêtez ! a repris Marie : un instant
» encore ! attendez î O mon Dieu ! faut-
» il que cet homme ait la puissance dVf- )» frayer même du bonheur ! . . . Faut-il qu^on )» ose à peine aimer où il est 1 ... . Raymond, )) ayez pitié de moi ! Je n^ai plus la force » de prendre une détermination quelcon- » que. Mon corps et mon a me défaillent. )> Soyez à la fois vous et moi. Que faut-il )) faire ? Décidez I
)) — Marie ! je comprends vos alarmes.
> Où sommes-nous? A peine le sais-je.
>) Que veut-on de nous? Je l'ignore. Mais
)' on parle de nous unir : allons au prêtre ,
)> allons à Tautel. Il y aura là aide et se-
» cours ; là sera Févangile et le Christ.
)) Que pourrais-je avoir à y craindre ? j'aurai
'( là devant moi un Dieu ; j'aurai là près de
» moi un ange.
y> — Allons î dit la jeune filletremblante.