CHAPITRE XXII. 35îi
» que ma destinée s'accomplisse ! Je suis » prête : guidez mes pas. n
Et , rassemblant toutes ses forces , elle est sortie de sa demeure. Raymond soutient sa marche inquiète ; le sire de Béziers les précède.
Ils traversent tous trois , à pas lents , les noires galeries de la maison forte. Un vent sinistre et sourd , mugissant le long des froides allées du souterrain, semblait pousser des plaintes funèbres. Une large porte en ogive s'est ouverte aux yeux de Marie. Un caveau, servant de chapelle , est tout éclairé devant elle. Le feu des cierges est rougeàtre Un prêtre est au pied de l'autel.
Au fond de Fenceinte sacrée , Hakem , accroupi sur les dalles , dressait sa figure d'ébène. Sa face à demi conv^ilsive était d'effroyable présage. Ses gestes peignaient Té-
pouvante. Si Raymond ne Tavait connu, le mystérieux africain , avec sa lugubre couleur et ses étranges contorsions, lui eût paru , là , près du prêtre , une évocation des enfers.
L'œil de Hakem étincelait. Mais que voulaient dire ses signes ?... Le Toulousain n^i pu les comprendre. N'importe : il s''avance avec calme... Un sifflement aigre et prolongé part tout-à-coup du pied de Tautel. Quelque chose de ténébreux et d^informe, s'y glissant demi- invisible , y a jeté les cierges à bas, les a soufflés et s'est enfui.
Quelques clartés restent encore : Raymond cherche Tesclave maure, il avait disparu sous les ombres.
Marie , quittant le bras de Raymond , s'^est précipitée vers Roger. Sa frayeur ne