CHAPITRE XI
dVxterminatioii à rusuipateur du Languedoc I — Quel coup satanique à frapper !
La jeune fille était si belle I.... Roger, Tentourant de prestiges , la présente à Tillustre chef comme sa pupille, son héritière , et en quelque sorte sa fille. Enguerrand, violemment épris , jure , en ses transports passionnés , guerre éternelle au comte Amaury ; et Marie devient sa fiancée. Mais il est convenu solennellement qu''elle ne sera son épouse que lorsqu^ii aura dépouillé Montfort de ses Etats , ou lui aura ôté la vie. Enguerrand devenu monarque, le comte Amaury est perdu.
Au premier aspect de Raymond , le vicomte de Béziers avait reconnu Théritier des comtes de Toulouse : le pèlerin du Val des Ombres avait tous les traits de son père.
Peu d^ieures après son combat avec les routiers , Roger, ayant repris ses sens, avait su Tévasion de Marie; s^élançant sur ses traces , il était arrivé au moulin de Coucy. Tout ce qui s^était passé là lui avait été raconté; et, poursuivant les fugitifs, il avait couru, sans délai, chez la comtesse de Soissons.
Ce même jour , une nouvelle importante était venue le délier de ses engagemens avec Antoine Vidar : son vieux geôlier n^existait plus , et Roger a pu se nommer.
Quelle est cette ville antique et guerrière où se réunissent en foule les légions d'une armée rebelle? quelle est cette campagne peuplée de soldats où se proclame
un nouveau roi? quelle est cette épaisse forêt où se déploient tant de bannières 1 La vieille cité, c^est Corbeil ; la plaine est celle de Melun ; la forêt c'est Fontainebleau.
L'étendard de la révolte est hautement arboré. Les grands vassaux du royaume de Philippe - Auguste , ayant prononcé la déchéance de Louis IX , ont élevé sur le pavois un prince de leur adoption ; ce prince est Enguerrand de Coucy \
Les acclamations populaires ne font jamais faute aux puissances illégitimes. Le
* nistoire de la maison de Coucy, Lalloucttc. Paris, 1577, 1. III, p. 436. — Chroniques de Flandres, Denis Sauvage. Lyon, 15G2, in-fol., p. 49. — Dreux du Radier, Histoire des reines et régentes, in-8., t. 2, p. 558. — Ann. de Belleforestj t. 1,1. IV, p. G39, et les auteurs déjà cités.