CHAPITRE XXII
saurait se peindre. L^infortunée tombe l\
genoux.
{( — Non , s'écrie-t-elle , d'une voix » éteinte , non, je n^approcherai point de )> cet autel. Je recule devant ce prêtre ; par » quelle raison ? je ne sais. La souffrance » et le malheur ont sans doute égaré ma » raison. Pardonnez, sire deBéziers! par- » donnez, comte de Toulouse ! pardonnez, » ministre du ciel ! Pardonnez , tous qui >) m'écoutez I Pauvre femme, je me sens » mourir. Une cérémonie conjugale , en ce » moment... ici... pour moi... oh ! ce » serait un outrage aux choses saintes; on » ne marie pas ]a démence, et j^ai Tesprit » perdu, oui perdu ; ma tête est frappée de )) vertiges. Vous me faites tous peur ; lais- )) sez-moi. Hélas! sous ces murs menaçans, )» joie d^amour, et sermens d^hymen me
) paraissent mort et supplices. De grâce!
» arrachez-moi de ce gouffre ! . . . Ces ima-
» ges révérées sont fausses... Oui, je le sens
» à mes tortures, je le sens. Dieu n^est point
» ici.
')> — Fille desMontforl, levez -vous ! ré- » pond avec solennité le vieillard de la » maison fojie. Rien ne vous contraint à » épouser Raymond. Je ne vous impose » aucune loi. Prêtre ! descendez de Pautel : )> rhymen des deux amants est rompu ; ils )> y renoncent Pun et l'autre.
)) — O ciel ! qu^osez-vous prononcer ! » interrompt Marie éperdue. Renoncer )) Tun à Tautre I jamais. Chef inexorable , » pitié ! je ne vous demande qu^un délai,... » de quelques heures seulement. Souffrez n que je recueille mes sens ; laissez-moi »i consulter le ciel. J^ai besoin de me réfu-