‹ Double règne (volume 2)Chapitre 162 sur 191 · CHAPITRE XXIÏ · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIÏ

» gier un instant dans le calme de la prière. » C'est un acte si solennel que le ma- )» riage !... il faut que Pâme s'y prépare. )) Je n^ai ici ni père ni mère ; je suis sans » appui de famille : vous devez concevoir n mon désordre : Roger , n'avez-vous pas )) un cœur ! . . . Les bras supplians de Ma- » rie s'élèvent vers vous : regardez. Vous » m'avez rendue bien à plaindre , vous n m'avez fait verser bien des pleurs : n'im- » porte ! un mot de compassion ! que, par )) vous. Raymond soit à moi ! tendez une » main paternelle, et je me ferai votre fille !

» et je vous bénirai, messire ! oh ! bien

)) plus , je vous aimerai ! ))

Les beaux yeux de la jeune fille étaient tout de feu sous ses larmes. Sa voix mélodieuse et touchante aurait ému l'ame d'un tigre. A la demi-clarté répandue autour de

Tenceinte, Roger laisse tomber ses regards, avec une sorte d^attendrissement, sur la ravissante figure qui vient de lui adresser ces doux mots : « je vous aimerai )> puis , comme indigné de sa faiblesse , il s^arrache brusquement à son émotion. Sa voix redevient âpre et sèche.

<( — Je me rends à vos vœux , Marie. » Votre union avec le pèlerin du Val des » Ombres ne sera que momentanément )) suspendue. Passez votre nuit en prières; )) et , demain sous ces voûtes saintes , on » pourra rallumer les cierges. »

L^héritière des Montfort eût désiré témoigner sa reconnaissance au sire de Béziers 5 mais les paroles que ce dernier venait de lui adresser, avaient quelque chose de si équivoque dans leur sens et de si dérisoire dans leur expression qu^elle se relève muette. Ses

Page 1