CHAPITRE XXII
de son esprit. Il se remue avec violence pour repousser la persécution des vertiges qui le saisissent. Il se tàte, il doute de lui. Sa pensée en est venue par degrés à ne plus lui appartenir ; et pourtant la nuit est paisible : rien n^est hostile, tout repose. Aucun danger visible n'est là.
Il porte la main sur son glaive, oh ! quel souvenir Ta frappé : ce glaive est celui d'Enguerrand. Voilà la place même où le sire de Coucy lui apparut comme une vision martiale , quand sonnait l'heure des fantômes. Voilà où le fer fut donné.
Les nerfs de Raymond se détendent. La noble image d'un grand homme, éclaircissant Fhorreur de ses pensées , a conjuré le charme infernal du lieu. Le cœur du preux Ta saluée ; et soudain en lui , grâce à elle, il j a eu sursis aux souftrances.
3G8 iX)UBLE RÈGNE.
Il s*es( étendu sur l^énorme lit de la salle mystérieuse. Son ardente fièvre est calmée. Un vague besoin de sommeil appesantit ses membres lassés : bientôt sa paupière se ferme ^ et , tout armé , le chef s^endort.
Un cri sourd éveille Raymond. A-t-il dormi long-temps ? il Fignore.
Oh ! que ce cri était horrible ! il a percé le mur des caveaux pour arriver jusques à lui. C^était un de ces sons déchirans qui retentissent au sol du meurtre, alors que frappe Thomicide. Raymond se jette à bas de son lit : il prête une oreille attentive.
Encore un cri , un cri de femme. Oh ! plus de doute cette fois I Taccent est celui de Marie , et la victime appelle au secours.