CHAPITRE XII
souverain élu a déjà été salué, selon Fusage en pareil cas , du nom de sauveur de la France. Il a été solennellement constaté que Tenthousiasme national , réprésenté par quelques voix influentes , appelait Enguerrand sous la pourpre ; il a été évidemment reconnu que la maison régnante avait été trop perfide dans ses intentions et trop parjure dans ses pensées , pour pouvoir conserver ses droits ; et il a été complètement avéré que le vœu du pays , depuis longues années , était d'avoir Coucy pour monarque.
Le saint devoir de Tinsurrection , embrasant les cœurs patriotiques, étend au loin ses missionnaires. On va régénérer la patrie ; et le désordre général procède à Tordre universel.
Les docteurs de Tindépendance , à Teffet
42 DOUBLE REGINE.
tréclairer le peuple , ouvrent un cours d^usurpation. Il faut désormais, selon eux, que Tépée soit intelligente, que Pobéissance disserte, que les gouvernés soient les maîtres, et que la monarchie soit aux voix. La féodalité du royaume , prenant pareils rhéteurs à ses gages , pense semer à son profit : la récolte sera pour d'autres. Les peuples , grandis dans les troubles , y auront fait essai de leur force; et un temps viendra où , sur la voie frayée devant eux, ils commenceront aussi à leur tour à discuter les croyances, à contester les privilèges , à raisonner les rangs , à analyser les droits , puis à mettre en question , qui
sait ! les propriétés elles-mêmes. L'exa-
]nen qui dissèque , tue ; rien n^ résiste , foi ni loi ; prince et Dieu , tout s^ fait néant. Celte décomposition, quelque jour, s'appellera peut - être progrès ; cette nuit