‹ Double règne (volume 2)Chapitre 178 sur 191 · ÉPILOGUE · texte numérisé non relu

ÉPILOGUE

les sauver tous malgré eux ; cet homme enfin, voyant la monarchie s^écrouler, avait voulu attaquer le trône pour mieux en raffermir les hases, et. plus suhlime que Curtius , se jeter vivant dans le gouffre des révolutions, pour le salut du prince et du peuple.

Génie sans pareil ici bas , il s^était facilement acquis la certitude, qu'à son refus de la couronne, la France livrée à Tanarchie eût pu être la proie de Pétranger; et que si le comte de Boulogne fut parvenu à saisir Tautorité suprême, il ne Peut abandonnée que sur les ruines publiques, au dernier complément des désastres. Aussitôt, sfuerrier magnanime , Enguerrand s^était décidé , armé contre ses seuls intérêts, à défendre les droits de chacun en s'immolaiît au triomphe de tous ; à replacer les grands

vassaux de la monarchie à leur poste de splendeur en se bannissant lui seul des hautes dignités de la terre; à arracher son pays à la domination étrangère en se condamnant aux défaites; à occuper loyalement sa position de chef d^insurgés en ne trahissant jamais que sa cause individuelle ; à briser enfin sa vie tout entière au profit de ses contemporains, sans se garder même pour consolation le mérite cCuue entreprise extraordinaire, la célébrité d'un haut sacrifice, et Féclat d'un grand dévouement *.

Le sire Enguerrand de Coucy , retiré dans son beau castel, oubliait Punivers entier. Il savait la France pacifiée, la monarchie forte et prospère; il vivait, loin du bruit des cours, heureux du bonheur général.

' Histoire de la maison de Counj , Lnlloiiefte, I. HI.

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