CHAPITRE XII
sociale se dira clarté lumineuse. jNïalheur alors î malheur à la terre !
Les ducs de Bretagne et de Bourgogne, les comtes de Champagne et de la Marche, sont auprès du sire de Coucy. Chaque jour voit arriver sous les drapeaux de la ligue un nouveau renfort de rebelles. Enguerrand se forme une cour ; il a son palais et ses gardes. CVst une royauté au berceau, un gouvernement qui commence; et pourtant , à voir son éclat , le nouvel astre est à son plein.
Raymond de Toulouse est au camp ; mais , frappé au cœur dans son amour , il fuit les pompes et les fêtes. SVssayant à n^avoir plus qu^une idée, celle de la vengeance, il réunit vers un seul point tous les
feux d^une ame brûlante. Hélas ! le passé de sa vie en a dévoré Tavenir. Il a abandonné Marie , mais Poubliera - 1 - il ? oh
jamais ! Que de fois écoutant, au milieu des campagnes, les bruits de printemps et d^amour que poussait vers lui la nature , Pinfortuné s^est dit à Técart : Plus A^amour ni de joies four moi ! C^en est fait : la femme aux pieds de laquelle il eût voulu verser son existence entière comme une coupe de parfums , cette femme est perdue pour lui. Maints secrets inachevés , maintes paroles à demi prononcées avaient déjà pourtant adressé de tendres questions à la jeune fille attendrie.... N^aura-t-il plus qu^au ciel sa réponse?
Le pèlerin du Val des Ombres évite Enguerrand de Coucy. Il ne lui a pas , une seule fois , parlé depuis la journée fiitalc