ÉPILOGUE
sa grâce était séraphiqueî Ses paupières
étaient baissées ; il manquait en ce moment à cette fîgure'angélique les enchantemens du
regard Mais quelle perfection de formes !
quel teint éblouissant de blancbeur!
Oui, sa beauté s^ofFrait : idéale et cependant, victime du sort, la jeune fille était aveugle ^
Un bruit léger sV.st fait entendre : En-
* II est raconté dans une histoire d'Amurat que le schah de Perse, voulant éviter toutes contestations politiques entre l'aîné de ses enfans et ses autres fils, fit brûler les yeux à ces derniers, de manière à leur ôter la vue sans défigurer la beauté de leurs traits. Les Arabes employaient , dit-on , à cet effet , des procédés inconnus en Europe. M. le chevalier Jaubert , qui a résidé en Perse, a vu plusieurs personnes qui avaient été punies de ce supplice , et dont les yeux avaient conservé du charme; elles y voyaient encore un peu, — Lisez le voyage qu'il a publié. — On peut consulter aussi le voyageur Chardin. — Voyez aussi Albucasis et Rliazcs.
guerrand s'avance vers elle. Marie a reconnu son pas ; et , se relevant à demi , elle essuie ses pleurs à la hâte.
Coucy tient un message à la main. La pâleur du génie souffrant jetait de mélancoliques ombres sur cette mâle et poétique figure , où la grâce le disputait à la force et la douceur à la puissance. Ses beaux yeux noirs , pleins d^éloquence , où rayonnaient d'ardentes pensées, se voilaient de trouble et d^imour , quand ils se fixaient sur Marie. A Faspect de son large front, qu^avaient essayé de rider les soucis , on voyait que Taffliction et le malheur avaient dû passer dans la carrière du grand homme, mais n^avaient point osé s^ arrêter. Rien , hors Téclat de ses vertus , n'avait pu dominer sa vie. Le héros s'était préservé des enivremcns du pouvoir , comme il se fût