‹ Double règne (volume 2)Chapitre 184 sur 191 · ÉPILOGUE · texte numérisé non relu

ÉPILOGUE

Et ces paroles du héros, plutôt soupirées qu'articulées , étaient à peine intelligibles.

{( — Pardon 1 répète encore la jeune )) fille : pardon, si mes yeux répandent des » larmes. Vous aussi , vous Tavez pleuré !

» — Oui : mais rien n'allège vos peines. » Vous n'appartenez qu'aux regrets. Mort, » il a tué votre cœur.

)) — Ne soyez pas injuste , messire ; j'ai

» déjà bien vaincu ma douleur. Je puis

)) maintenant parler de lui. IN e l'avez -vous

)) pas remarqué? ma voix n'est plus aussi

» plaintive : j'écoule les consolations : ma

» bouche a retrouvé le sourire : je vous

» entends et vous réponds. Non , la pauvre

» aveugle n'est morte , pour vous , ni à

)) la pensée ni au sentiment. Je sais ce que

» vous faites pour moi, la reconnaissance

4tO DOUBLE llËGiVE.

)) est au fond de mon ame : mes pleurs

» n^ont , pour vous , rien dMngrat. Quand

» vous êtes là, Enguerrand ! je ne murmure

)) plus contre la destinée , je ne me trouve

)) plus si malheureuse ; vos regards , bien

» quHls ne peuvent plus rencontrer les

)) miens , n''en arrivent pas moins à mon

n cœur ; si je ne les vois pas , je les sens ;

» quoique muets pour moi , ils me parlent ;

» ils me réchauffent et je vis.

» — Ah ! s''écrie le chef attendri , il fallait » ajouter : et fai?ne. »

Mais le mot si tendrement imploré n'a pu échapper des lèvres de la belle et douce victime. Enguerrand , presque à ses genoux , eût donné vingt ans de sa vie pour un seul regard de tendresse : Marie ne pouvait que Tentendre.

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