‹ Double règne (volume 2)Chapitre 20 sur 191 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

où, sV^chappant de Grand-Préau, il s'est rendu à Corbeil. Mal à Taise à côté de lui , il s** alarme de sa présence , Pair que son chef respire lui pèse ; et pourtant , soldat plein de zèle , il accomplira ses promesses: il lui consacrera sa vie.

Enguerrand observait Ptaymond; et, par respect pour sa douleur, il redoutait de Faborder. Son affection pour lui n''avait fait que s'accroître ; mais , douce , austère et recueillie comme une prière en un temple , elle avait pris, au fond de son cœur, le caractère des choses sacrées.

Qu'était devenue Marie ? le vicomte de Béziers eût voulu la ramener à la maison forte , mais la jeune fille , désespérée , en avait appelé à Thonneur du sire de Coucy pour recouvrer sa liberté. Le puissant chef,

4(î ' DOUBLE RÈGNE.

ayant promis, foi de chevalier, de la prendre sous son égide , se fut gardé de trahir un saint devoir; et, arrachée au joug de Roger, Marie , gardant Hakem auprès d^elle , était restée à Grand-Préau ; le castel est fortifié.

Tant que le sire de Goucy avait pensé que le vieillard du Val des Ombres avait des droits sacrés sur Marie , ainsi qu^il Taffirmait autrefois, le héros, poussé par Pamour, s^était soumis aveuglément aux lois qu^imposait le vicomte ; et , ancien ennemi des Montfort, il avait juré, de grand cœur, guerre éternelle à F usurpateur de Toulouse; mais la révélation de la naissance de Marie était venue se jeter à la traverse de tous ses plans. Quelle atroce machination ! de quel droit Roger disposait-il du sort de sa prisonnière ? Du droit odieux de la force. Et le perfide ne lui aurait donné la fille pour

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