CHAPITRE XU
» que nos cœurs s^expliquent. Après ce qui )) s^est passé entre nous , mon joug peut )) vous paraître pesant : je cesse de vous » Timposer. Je puis vous délier de vos ser- » mens si vous en reconnaissez Timpru- » dence ; dites un mot , vous êtes libre. Où » il y a eu pour vous un rival , il ne doit )» plus y avoir un maître : ce serait bassesse )) à moi de le souffrir. J"* exige une réponse » franche ; et s-i désormais , dans les )) camps, vous n'êtes plus mon servant )» d'armes, que j'y sois du moins votre )) ami. »
Raymond a paru étonné ; mais en lui , à l'extérieur, l'orage du cœur reste froid.
'( — Auguste seigneur! répond-il, on ») ne se joue point d'un serment. Que de » malheurs souvent dans un mot! quel » abîme qu'une promesse! N'importe! je
)» vous appartiens. Je ne saurais manquer à » rengagement solennel que j^ai pris en- » vers vous : bien qu^imprudent , il est sa- » cré. Puisque je supporte la vie , j'accepte » ses nécessités : coupe de venin corrosif, » elle sera vidée goutte à goutte. Résignez- » vous donc à nos nœuds ; vous subirez )» mon dévouement.
), — JusquW ce jour, reprend Coucy , » cruellement frappée par le sort, votre » a me a désiré sans atteindre , et travaillé » sans recueillir; mais la carrière humaine » a des chances , et les adversités ont leur )' terme. Celle que vous aimez, Marie —
» — Arrêtez ! interrompt le comte ; ne » touchez pas encore celte plaie ; bien que )> refroidie , elle bnile : c'est là que mes
» forces s'arrêtent. L'amour! oh! dans
)> le fond de mon cœur, j'en ai fait IWai-