CHAPITRE XIL
(( __ Je sais ce que tu vas me répondre : » les deux grands mots d^usage éternel : )) j4ffranchissemeni^ régénératimi. Ce sont » choses belles sans doute; mais n^a-t-on » pas vu maintes fois le peuple se délivrer » avec transport de ceux qui étaient venus » TafFranchir ? Quoi de plus fatiguant pour )) lui que des régénérations continuelles , « qu^une suite de délivrances ! Cet excès de » vie, c^est la mort.
» — Quel singulier discours, Enguer- » rand ! je ne te comprends pas , je Tavoue. » Le monde a-t-il changé de morale ?
» N''est-il ni mal ni bien ici bas ? As-tu cessé » de croire aux liens sacrés que les nobles » cœurs ne peuvent rompre ? Tout n^est-il » donc , en fait de principes , que raillerie, )) sophisme et mensonge? Ton nom lui- » même, illustre chef! ne serait-il donc » point de ceux qui doivent résonner à la
» postérité comme un lointain écho de la
)) gloire?
') — La gloire ! a répliqué tristement
» le sire de Coucy : c'*est un bruit qu'ion
» n^entend que mal , et qui ne vaut pas ce
)> qu'*il coûte. Et d^ailleurs , il est plusieurs
» gloires î la hieiifaisante et la funeste. Te
» le rappelles-tu , Raymond ! je ne désirais
» point la pourpre. Je savais , quand j^ac-
» ceptai le trône, que n^ arrivant point,
» selon le mode habituel , par les routes
» incontestées , il me faudrait adopter pour
)) VOL Y soutenir ces doctrines indéfinies qui ,
» tournoyant entre le vrai et le faux, ne
)» peuvent s^établir et s'asseoir, au milieu de
») la confusion des langues, que par le
» déclassement des idées. Je les professe,
n maintenant, ces doctrines embarrassantes :
^) cVst le devoir de ma position; fais de