CHAPITRE XU. C
» debon aloi. Paris hait les fils de la fraude, )) et le Louvre veut de grands hommes.
» — Raymond ! a répliqué le prince , en- )) core une fois , tu te trompes : je ne con- » duis point, on me guide. Les maîtres » qui m^octr oient le sceptre ne Pen ont pas » moins dans leurs mains. Je représente » un roi , voilà tout. La pourpre est sans » doute où je suis , mais la monarchie est )) ailleurs.
)) — Et, pour combattre un plan funeste, » interrompt vivement le comte , a qui donc » faut-il s'*adresser ?
» — A tous.
» — Cest répondre : A 'personne,
» — Ami ! le sort en est jeté , reprend le )» sire de Coucy 5 je ne puis en ce moment
)> ni redevenir ce que j^étais, ni peut-être
» rester ce que je suis. Or , retourner en ar-
)) rière m''étant impossible , il faut que je
» me pousse en avant : c''est mon destin , j ^
» suis résigné. La ligue , pour faire triom-
» pher sa cause , ébranle les croyances des
» peuples et tue les traditions des royaumes :
» elle joue là un jeu hasardeux. JeFai dit, je
» le dis encore ; nul ne m^a écouté , nHm-
» porte. Au midi on frappe Fautel ; au nord
» on attaque le trône : le peuple en viendra
» quelque jour à saper Tun , à briser Tau-
)) tre , et à se rire de tous deux ' . »
La parole brève d'Enguerrand , sa physionomie prophétique et sa majestueuse
« Avec la mâchoire du dernier des rois, assommons » le dernier des prMros. » (Paroles de Diderot, Révolution française. )