‹ Double règne (volume 2)Chapitre 33 sur 191 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

elle avait tout saisi , tout jugé ; et sa profonde sagacité s'était placée à la hauteur de son destin , pour s'y déployer et y vaincre ^ .

Bien que souffrante à cette époque , il lui était venu à Taide, soudain, un de ces élans de vigueur surhumaine et de santé miraculeuse qui , au jour solennel des alarmes , nemanquent jamais à Pappel, quand le génie en a besoin. Blanche, parée de mille attraits , était confiante et réservée , douce et ferme, clémente et juste. Autom* d'elle, appuyant sa cause, que d'habiles auxiliaires : les séductions de la beauté , les prestiges de la naissance , la puissance de l'héroïsme !

Adorée de son auguste époux , elle l'avait suivi dans ses expéditions guerrières comme

' Voyez tàus les historiens.

dans ses courses politiques. Les mesquines occupations, et les sentimens superficiels, étant trop vides pour sa grande ame, elle avait voulu partager, avec le compagnon de sa vie, gloire et dangers, joies et soucis. Louis VIII, appelé par le vœu des Anglais au trône de la Grande-Bretagne, y ayant un instant régné , Londres avait admiré Blanche. Louis VIII , poussé par un pieux zèle, s'étant élancé aux combats contre rhérésie albigeoise , Blanche avait dormi sous sa tente ^ .

La mort du monarque français, au milieu des circonstances les plus épineuses, avait mis le sceptre en ses mains : mais partout

* Mézerai , t, 1 , in-fol. , p. 562. — Histoire des reines et régenter, par Dreux du Radier, in-8, t. 2, p. 542 et suivantes. — Daniel, t. 4.— Anquelil, etc.

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