CHAPITRE Xm
désordre et révolte. L'héritier du trône à défendre , une famille nombreuse à élever, un peuple remuant à maintenir, de grands rebelles à dompter : que de travaux et que d'épreuves !
Déjà, sous le nom de réformes religieuses et de franchises nationales , masques couvrant d'autres pensées : besoin de pouvoir^ besoin d^or, toutes les ambitions du royaume, se tendant une main amie , s'appelaient à l'usurpation; Louis IX, encore en bas âge, eût été perdu sans sa mère. Blanche , au milieu de la tourmente, av,ait tenu tête à l'orage. Faisant couronner son fils à Reims, ^^ comme si nul danger ne le menaçait, elle avait résisté comme un roc aux débordemens de l'orgueil féodal, dont les flots à coups redoublés venaient se ruer sur le trône. Au palais des fils de la gloire il re-
paraissait un grand homme, et c'était Blanche de Castille. Née d'un sang fertile en héros , elle en allait étendre la race ; et quand, tout à ses souvenirs, Paris pleurait Philippe-Auguste , Blanche lui élevait saint Louis.
Elle avait beaucoup connu le sire de Coucy, dont Louis VIII, aux jours de son règne , avait fait son grand chambellan ^ . Confiante en sa loyauté , elle n'avait pu revenir de sa surprise en apprenant qu'il s'était laissé revêtir de la pourpre. Le coup, imprévu, était rude. Blanche, pour défendre son fils, avait compté sur Enguerrand.
* Mezeiai, in-fol. , l 1 , p. 556.