‹ Double règne (volume 2)Chapitre 35 sur 191 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

La régente de France ayant su que le chevalier venu du camp des rebelles était le comte de Toulouse , avait donné ordre quMl fut admis en sa présence. Raymond , introduit auprès dVUe, a cherché à donner à sa figure cette expression insignifiante et composée, si nécessaire pour réussir auprès des grands , quand ceux-ci n^ voient pas un piège. Il a salué Fauguste veuve avec un respect tellement froid qu'on eût pu le prendre pour une haine voilée. Puis , messager silencieux , il lui présente Tamulette. '

La reine , sans témoigner aucune émotion , a reçu Tenvoi d'En guerr and. C'était une espèce de sachet doublé de satin sur lequel était brodée une image de la vierge , et qui paraissait devoir renfermer quelques fleurs séchées au soleil, quelques herbes aromatiques. La régente s'adresse au comte.

(( — Chevalier! je vous remercie. »

Une séduction inexplicable était dans le doux son de sa voix. Raymond lève les yeux sur elle , et la séduction continue. Assise au fond d^un oratoire sur un fauteuil d''or ciselé , Blanche de Castille , jeune encore , était éblouissante de beauté ^ . La pom^pre , Fhermine , les pierreries, et toutes les magnificences de Fart s^étaient en vain réunies autour de sa personne, comme pour rivaliser d^éclat avec elle , tout s^efFaçait devant ses charmes.

Elle a laissé tomber sur le messager des rebelles un regard vague, triste et lent, tel qu^en ont souvent les princesses , au

"^"'''lllezèrai, i. 1 , in-fol. , p. 5G2. — Dreux du Radier, Histoire des reines et régentes , etc.

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