CHAPITRE Xm
milieu des pompes royales , vis-à-vis harangues et fleurs. La majestueuse attitude de la reine était tempérée par le gracieux abandon de la femme. La vivacité pensive de sa physionomie accusait les rêveries agitées de son esprit ; et pourtant Tharmonieuse sérénité de ses traits avait quelque chose d'une ame au ciel. La nièce de Richard Cœur-de-Lion s''ofFrait , à ses admirateurs , comme une de ces créations hors de ligfne qu'il faut aimer , genou en terre , d'un amour de sphère divine , et non d'un sentiment de ce monde.
« — Reine ! a balbutié le preux , au- » riez-vous quelque ordre k m'enjoindre?
» — Aucun , a répliqué la Régente: Ta- » mulette du sire de Coucy , qui m'a en- » tièrement éclairée , met fin à mes irré-
» solutions. J^avais écrit avec franchise, » on me répond avec loyauté ; et je me » fie d^autant plus au message d'Enguer- )) rand, qu'ail me Tadresse par un brave : » cVst pour moi double garantie. »
Le front du messager pâlit.
(( — Comte de Toulouse ! contiaue- )) t-elle , dites au sire de Coucy que , mVn )) rapportant à ses assurances comme à )) celles de Thonneur même , je partirai » avec mon fils , presque sans escorte , )) et demain.
)) — Z)e/;2«m.' répète le jeune homme. )»
Et ses membres ont tressailli.
(( — Pourquoi ce trouble? dit la reine. »