CHAPITRE XIII
Louis IX , entouré d^une élite de braves , était debout , au fond d'une vaste galerie , appuyé contre un trophée d'armes. Bien^ qu'à peine hors de l'enfance, il écoutait avec le calme et l'attention de l'âge mûr les hautes questions de politique et d'Etat qui se traitaient autour de lui. Un génie ardent et guerrier , placé dans son cœur entre la religion et la clémence , brillait déjà dans ses regards. Le courage d'un fils de France rayonnait sur son front loyal. Sa physionomie , douce et ferme , avait quelque chose de gracieusement décidé qui donnait en lui de la mansuétude à la sévérité , et de l'obligeance à la justice. Héritier de Philippe- Auguste , il promettait déjà Saint-Louis.
Intrépide soldat comme David , juge éclairé comme Salomon , il devait , orgueil delà France, offrir un jour au monde sur-
pris, les batailles humanisées, Tinfortune rendue sublime , et les palmes de TEternel couronnant celles du monarque. Son règne allait laisser à la terre un de ces longs parfums de vertu qui couvrent de gloire tout une génération , et purifient tout une époque. Non content d^affermir son trône , et d^illustrer sa race à jamais , sa main devait au loin, dans les temps, soutenir sur un échafaud le courage d'*un roi-maHyr ; sa voix devait au prêtre inspiré dicter ces immortelles paroles : Fils de Saint'Loids^ mon" iez au ciel !
Le comte de Toulouse, présenté àTenfant de France , a senti son cœur s'émouvoir. Il lutte en vain contre lui-même, il ne peut sVmpêcher de contempler avec un respect tendre et mélancolique cette jeune figure, franche et royale , où resplendit tant d'ave-