CHAPITRE XI
n^allait faire , Tinsensé ! que des forfaits et des désastres.
Vingt fois son glaive , au champ d'honneur , a repoussé les ennemis ; mais plus il détruit leurs phalanges et plus leurs phalanges grossissent. Lui suffit-il de battre une armée? Non ; dix autres se formeront : et , derrière elles , sHl triomphe , il y a encore l'Europe chrétienne *.
Béziers , cerné de toutes parts , n'a plus de résistance possible. Rome oflfre la paix à Roger; étonnée de son héroïsme, elle est prête à tout pardonner , pourvu qu'il re-
^ Fleury , Histoire ecclésiastique. — Histoire des Albigeois, Paul Perrin, 1. I, p. 14, et les auteurs déjà cités.
vienne au vrai culte. L^église implare le vicomte et pour son peuple et pour luimême.
Infructueuses tentatives ! Tant que le souverain de Béziers aura un glaive à sa ceinture, une tente sur ses domaines, un déta^ chement à ses ordres, et sa bannière devant lui, rien n''ébranlera son courage. Mourir, oui; reculer, jamais. Les revers ne Peffrayaient plus , Roger en avait pris Thabitude. Les désolations salissaient sur son ame comme un conseil sur la démence ; il grandissait de ses défaites.
Les comtes de Foix , de Béarn , de Carmain et de Bigorre , lui avaient promis leur appui ; il avait compté sur les secours du roi d^ Aragon son beau-frère; il attendait des troupes anglaises; et pas un renfort n^arri-