CHAPITRE XIV
u — Pardon ! . . . C^est malgré moi. . . mais » je Taime.
» — Comte! a repris le vieil amiiônier, la )) noble dame de Soissons a confié Marie à )) mes soins. J'ai guidé les pas de la jeune )) fille jusqu''à ce saint hermitage, où il était » important qu'elleV^it un entretien avec » vous. Mon fils! c'est un ange que Dieu )) vous adresse : vous Técouterez , n'est-ce » pas ?
» — Oui, répond le comte à voix basse ^ » et nous prierons ensemble , mon père ! » nous prierons le juge suprême d'éteindre )) les haines fatales, de délier des vœux im- » prudens, de protéger l'amour fidèle : et )) Dieu écoutera , n'est-ce pas ? »
Le fi-ont du prêtre s'obscurcit.
» — Il ne s'agit point ici d'amour, ré-
t04 DOUBLE REGINE.
» pond Taustère chapelain. La mission que » remplit Marie a une ïm sublime à attein- )' dre. Loin dVlle toute flamme impure. »
Marie de Montfort s\ivançait. Sa marche était timide et lente. Sur ses traits était répandu un de ces nuages de mélancolie douloureuse qui accroît encore la beauté , quoiqu^ii travaille à la détruire. A la vue du comte de Toulouse, elle a souri légèrement, avec un eflProi doux et naïf, avec une joie tendre et souffi-ante. Les yeux de Raymond s'étaient emparés d^elle comme d^m bien perdu qu'ils recouvraient ; Marie en soutenait les rayons sans que la pureté des siens s'*en altérât. Près de la fougue des passions, c''était la paix de Tinnocence.
(( — Comte de Toulouse! dit-elle, un »> saint devoir m'appelle en ce lieu : Yoland