‹ Double règne (volume 2)Chapitre 45 sur 191 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

>. m'a crue digne de le remplir. Mais, hélas ! )» en venant à vous , n'ai-je pas trop compté M sur mes forces ! »

Le frère d'armes d'Enguerrand , dont le sang bouillonnait dans les veines , se calme à ces douces paroles. La voix touchante de Marie venait d'agir sur tout son être comme un souffle rafraîchissant sur une campagne brûlante : il s'assied près d'elle , et l'écoute.

Eutrope se tient à l'écart; un long moment de silence a eu lieu entre la jeune fille et le guerrier. Bien que se regardant à peine, et ne s'adressant aucun mot , ils se voyaient, ils s'entendaient ; et chacun d'eux semblait craindre de rompre par le bruit des paroles le charme mystérieux de ce muet entretien.

« — Chevalier! dit enfin Marie, loin de

moi le souvenir de votre adieu à Grand- ' Préau î Hélas I si Dieu exauce mon vœu , je passerai vite sur la terre , sans regarder autour de moi : où y verrais-je le

bonheur !

)) — 0 Marie! interrompt le preux, en essuyant machinalement son front hu-^ mide et froid , ne parlez point de souve- ) nirs et de vœux : ces mots sont hostiles , ils tuent , et maintenant je voudrais vivre. JVi fait de coupables sermens ; je les rétracte avec horreur. Dieu, qui vous envoie , m\'ibsoudra. Je reprendrai les saintes routes ; car me dévouer à vous , nVst-ce pas aller à lui ! Il me relèvera de mon vœu. J^ai bien souffert jusqu\^ ce jour ; le bonheur a été bien impitoyablement exilé de ma famille ; mais si vous

m'*aimiez ! Oh ! pardon ! il y a tant de

trouble en mon ame qn''il ne peut plus y

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