CHAPITRE XIV
)> avoir d^ordre dans mon langage. Pour )) vous désirer j^ai un cœur , mais qu^ai-]e )) pour vous mériter ! » <
Une rougeur brûlante avait coloré les joues de la jeune fille à cette déclaration passionnée. Un soupir plaintif lui échappe, des pleurs humectent ses paupières , n''étaitce pas une réponse ?
» — En vous quittant à Grand-Préau, » continue Tardent paladin , je me croyais » assez fort pour pouvoir vivre sans m''oc- » cuper de vous : ai-je été cruellement puni » de ma folle présomption ! Votre image )) ne m'*a point quitté : tout repos m^a été )) ravi. Marie ! nos destins se ressemblent : » vous fûtes malheureuse aussi. Oh ! je )) voudrais , dans mon délire , vous voir )> abandonnée , proscrite , sans biens , sans
» parens , sans asile, maudite d^un monde
» abhorré, pom^ vous rendre, à force d^a-
)» mour, mieux que tout cela , sur la terre.
» On vit en exil comme ailleurs, jY devien-
» drais plus pur près de vous : en aimant
» on oublie ses haines. )>
La jeune fille s'est levée : sa voix es^ émue et tremblante.
(( — Chevalier ! vos discours m'alar- » ment : je n^en ai jamais ouï de semn blables. Ne m'en veuillez pas de les re- )) pousser : si je recule avec tant d'effroi » devant eux , c'est qu'il me semble , je )» Tavoue , qu'ils ne m'ont pas assez in- » dignée. Je n'aurais pas dû les entendre, )» j'ai peur de trop m'en souvenir. »
Et l'héritière des Montfort , à cette naïve réplique , fait quelques pas pour s'éloigner.