CHAPITRE XIV
Raymond Ta retenue par sa robe.
(( — Ne me cachez plus votre cœur !
)) il se dévoile à votre insu. Marie ! je vous )» suis cher, je le vois — Ne le dites pas , )) ame angélique ! vous ne le devez pas , » je le sais : mais moi , je puis parler libre- » ment : moi , je suis homme : oui , je vous )) aime; ce mot coule à présent de mes )) lèvres , il les eût déchirées tout à Theure. )) Oh ! devant Dieu et m^s semblables ! » soyez bénie, consolatrice dVn haut ! qui )) venez à moi , misérable , à moi déchu » de toute grandeur ! Que m^importe au- » jourd^hui votre famille d^ici-bas, je ne » vous reconnais pour père que notre )) créateur à tous deux. Quelques paroles )) que j'aie pu dire , les seules véritable- » ment sacrées pour moi , seront celles » qui m'uniront à vous. Aucune ame
» humaine ne viendra plus désormais jeter
» en travers de la mienne les folles maximes
» de ce monde avec chance de Pégarer : je
)> ne serai qu'à vous, à vous seule l )>
La jeune fille, intimidée, repoussait doucement le preux. Sa poitrine était oppressée ; ses genoux étaient chancelans Mais,
aux dernières paroles du chef , une idée soudaine a réveillé sa force abattue ; son front sVst noblement redressé.
u — A moi seule ! répète - t - elle. Eh )) bien ! chevalier ! s^il est vrai , prouvez- » le-moi ce matin même; je serai heureuse » de vous croire. *
» — Venez-vous mMntimer quelque or- » dre? a demandé le comte surpris. Com- )> mandez ! je vais obéir. »
Un sourire d^inimitable douceur , un