CHAPITRE XIV
la réflexion. Toute pensée quelconque l'efFraie. Il est là , muet , immobile ; et des sons incohérens , s^échappant de ses lèvres pâles , attestent seuls son existence.
Le bruit d^un cheval s^élançant au galop sous les arbres de la forêt Tarrache brusquement à sa léthargie douloureuse : Hakem volait au camp royal.
« — Il est parti ! s^écrie Raymond. J^û » laissé faire! O Enguerrand! »
Et le guerrier se précipitait hors de Fenceinte , avec un geste de désolation , comme pour essayer d^arréler Tesclave.
Marie , éperdue , le retient.
{< — Raymond ! Raymond ! ne bougez
» pas. Sortir, cW me frapper de mort.
» Vous avez dignement agi : oh I que » grâces vous soient rendues ; par pitié ! )) point de repentir. Songez que , de ce )» jour , noble ami ! vous êtes à moi pour » la vie ! osez m'en adresser le reproche ! »
Le preux sVst senti désarmé : il demeure sans mouvement.
(( — Qu^il parte !... Vous avez vaincu. » Oh oui ; je suis à vous , Marie ; mais )> vous ! serez-vous à Raymond ?
)) — Jamais ! crie une voix terrible. »
La jeune fille porte autour dVlle un regard épouvanté : Phermilage est envahi par une troupe d\ircher5 que commande un chef athlétique , un guerrier vêtu diurnes noires , un envoyé des bords funèbres.