CHAPITRE XIV
Marie tombe inanimée entre les bras du comte de Toulouse ; une exclamation de désespoir lui échappe en fermant les yeux ; elle a vu , debout devant elle, un spectre pire que la mort : le vieillard de la Maison forte,
Raymond a reconnu Roger ! d^afFreux tremblemens le saisissent. Marie va lui être enlevée, un gouffre est près de Tengloutir,
et nulle chance de salut! Son teint
verdit , sa langue se glace. En proie à un horrible vertige dont les fascinations tourbillonnent autour de lui, il ne voit rien d^arrêté , rien de fixe ; ses idées ne sont plus distinctes. Son sang a reflué vers son cœur.
Néanmoins, Pinstinct machinal de la défense et le sentiment inné de la bravoure 2. 9
i30 DOUBLE RÈGNE.
le poussent à saisir son glaive ; mais la jeune fille évanouie est entre ses bras , il n^a plus ses mouveinens libres.
« — Vil ravisseur ! rends - moi Marie ! » dit le vicomte de Béziers. »
Et le tigre s^emparait d'elle.
Le frère d'armes de Coucy ne peut ni résister ni combattre. Une foule d'archers l'environne *, il est au pouvoir de Roger.
« — Preux félon ! poursuit le vicomte: » Je sais tes indignes menées. Tu viens » de trahir Enguerrand. Tu viens, par la »> main de Marie , d'écrire h la reine ré- )* gente.
)> — Qui? moi!...