‹ Double règne (volume 2)Chapitre 57 sur 191 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

)> — Je publierai la dépêche. LVs- » clave noir est prisonnier. Malheur à )» toi ! »

Eutrope s^avance.

« — Au nom du ciel ! sire vicomte!... » Mais Roger s'adresse à sa troupe :

« — Délivrez-moi de ce vieux prêtre ! » Et Ton entraîne Taumônier. Raymond se débattait encore.

« — Monstre exécrable !... s'écrie-t-il.

» — Point d'invectives , mon beau sire! ») interrompt Todieux vieillard. Réserve » pour plus tard la fougue de ton élo-

)) quence ; tu vas avoir à rendre coniple

)) aux chefs de la ligue des manœuvres

» de riiermitage. Ils connaîtront tes noires

» intrigues, et leur tribunal jugera. De-

)) main même , au camp de Corbeil , tu

» pleureras peut-être à la fois, et ton amour

» et ton honneur. Marie de Montfort m"'ap-

)) partient ; et , pour accomplir tes sermens

» que tu me parais négliger , je veux , sur

» Fenfant des Montfort , venger moi-même

» les Raymond. CVst me charger de tes

)) devoirs : prépare - moi tes actions de

» grâces. »

Raymond eût voulu répliquer; mais on le saisit, on Tenchaîne — On le sépare

de Marie Et Roger , guidant son captif,

sort triouiphant de l^hermilage.

La comtesse de Soissons et le révérend père Eutrope, abusés par de faux écrits , avaient poussé Marie à sa perte. Le vicomte de Béziers, qui faisait partie delà ligue, avait

13 i DOUBLE RÈGNE.

SU le départ et la mission du jeune comte de Toulouse; il avait immédiatement conçu ridée de prévenir Yoland en confidence du piège tendu à Louis IX, pour Pen gager à députer auprès de Raymond la captive du Val des Ombres , et son plan avait réussi.

A la fois hyène et serpent , Roger savait prendre toutes les formes pour assurer ses entreprises : pourvu quM arrivât à son but , que lui importaient les chemins ! Calme comme Teau morte qui cache un abîme, il n^avait rien laissé percer de sa rage devant le sire de Coucy , après la scène de Grand - Préau. On eût dit qu^il avait renoncé à sa captive, et que, tout entier à la guerre, il ne rêvait plus que batailles.

Roger avait été un héros j mais , en tombant du haut de ses prospérités, il s^était découronné de toute vertu. En lui le bon

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