‹ Double règne (volume 2)Chapitre 71 sur 191 · CHAPITRE XVI. 16i · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI. 16i

« — Alerte donc , mes chers camara- » des ! éclairons de toutes manières. A bas )» les croix et les églises ! »

Les héros de la trahison parlaient ainsi au Xr siècle.

Les portes de Péglise ont été renversées sur leurs gonds , et les bandits ont pénétré dans le sanctuaire. Eudes s'adresse à Bernardine.

« — Où donc est notre cierge pascal ? »

La jeune fille a joint les mains : les sanglots étouffent sa voix.

« — Mon Dieu ! que devenir ? où )) suis-je ! ))

» — Elle croit en Dieu , celle-là ! clame

)) une ribaude effrontée. En ce cas , que 2. 11*

» fait-elle ici? ce n^st pas la place des )> saintes. Un camp n^est pas un cloître, )) nonnette ! »

Un coup de tonnerre répond ; le vent siffle, et Forage approche.

Bernardine , froide comme la pierre de son banc, a fait le signe de la croix. Nouvelles risées autour d^elle.

<( — Holà ! hé ! la belle ! dit Hugues : M ton Dieu cause , il a la voix rauque. » Pourquoi ne pas tomber à genoux ? As- » tu peur? Un med culpâ!

), — Quant à moi , grommelé le prince ,

» s'il fallait me prosterner sur toutes les

» tombes que j'ai ouvertes , mon genou

» serait vite usé. Or çà, messires du cer-

» cneil î topez avec nous sans rancune, k

» la santé des trous éternels I De profiindis !

» et vive le vin ! »

Page 1