CHAPITRE XVI. 1G
Les brigands ressortent du temple. Ils en ont enlevé tous les cierges ; et les ayant allumés à la hâte, ils reviennent en procession, parodiant les cérémonies de Téglise. Le flambeau pascal marche en tête.
Bernardine a poussé un Ion g gémissement à Taspect du cierge béni que Hugues plaçait devant elle. Ses gestes ont peint sa terreur. Elle se rejette en arrière.
(( — Maudits ! plus loin ! plus loin ! » s^écrie-t-elle. Affreux repas ! clartés si- » nistres ! c^est le festin des réprouvés. »
Les nombreux luminaires de la maison du Seigneur brûlent à Tentour du banquet. Les coupes de vin se remplissent; et ]"* ouragan mugit sur la plaine.
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<( — Guitana ! dit Main de hronze k '• une fille de Bohémiens espagnols enrô- » lée parmi les ribaudes , n\is-tu point ta •( mandore ? chante. Ta voix argentine î> et magique conjurera Tesprit des orages. '> Sarrasine! un air africain î »
L'enfant des Maures obéit. De voluptueux accords se font entendre ; et la foudre les accompagne. C'était un sauvage concert où Fharmonie lascive des passions terrestres avait pour accompagnement dans les airs le sourd bruissement des vengeances divines. Une brume inouïe de vertiges enveloppait les assistans. La raison humaine avait fui. Il n^ îivait plus là de vivant que la brutale animahté. Les bandits et leur