CHAPITRE XVII
» le pourchasse ? Ma rapière est à ton ser- » vice : je t^aiderai à le pourfendre.
» — Roger n'est point ton ennemi ; il ne » fa fait, à toi, nul outrage !
» — Et qu'importe , cher Albigeois !
» tous ces bannerets et soldats que je vais
» tuer au champ d'honneur , pour la plus
» grande gloire de sa majesté Enguerrande,
» et au profit de la nouvelle huppe couron-
)) née, tous ces cavahers et piétons m'ont-
)) ils outragé? Nullement. Sont-ils mes en-
» nemis personnejts ! Eh ! mon Dieu ! pas le
)) moins du monde : à peine ai-je Thonneur
» de les connaître. Cela n'empêche pas
n toutefois qu'à un signal convenu je ne
» sois tenu à en faire un admirable hachis ,
» au son d'une vaillante musique , et que
» cela ne soit dans l'ordre des choses. Notre
» humanité est si juste! et nos institutions si
)) morales !
)) — Ne viens-tu pas de iii^affiriner, ré- )> plique Raymond d^un air morne, que le )) parti de notre roi s'affaiblit^ et que celui » de Blanche s'accroît ?
» — C'est mon opinion , camarade.
» M'est avis que nos affaires déclinent. Dans » l'intérêt du sire Enguerrand, il eût fallu » que soulevées pour lui dans Paris , les ta- )) nières de la misère et du crime, dégorgeant )) leurs habitans au soleil avec rugissemens, " fer et flammes , appuyassent sa royauté. » Mais ces sublimités de^ue et ces gloires » d'égout ont manqué net à notre appel. Or , » toute usurpation qui, comme une morille )) poussée dans la nuit, ne surgit pas, en un » clin d'œil, du vaste fumier populaire, est » d'avance un pouvoir déchu. En révolte il )' faut aller vite :temporisement est désastre. » — Le noble sire de Goucy, a réparti » Raymond d'un ton sec , connaît trop la