CHAPITRE XVII
)) loi du devoir et de Thonneur pour )) monter, par le crime, au trône....
» — Et quelle autre voie peut-il prendre ! j; c^est la seule qui soit large. La loi du )> devoir , mon beau sire, vu les suscepti- » bilités de la morale publique, est un ob- » stacle : je le sais, mais il y a moyen de le )) vaincre. On ne Pattaque point de front; )) on le salue d''abord avec respect : puis )) adroitement on le tourne , et le voilà » tombé sur le flanc. D^ailleurs , retiens )> ceci , compagnon : manquer aux exi- )> gences de l'honneur , et ne reculer de- )' vaut aucune de ces niaiseries que le vul- )> gaire appelle bassesses, est œuvre méri- » toire en matière de gouvernement, pourvu " qu'on puisse prouver, après avoir réussi, » quHl y avait nécessité aux turpitudes. » Eh! quoi Iconfrère en rébellion ! tu en es )) encore à des délicatesses de conscience ,
)» et tu veux détrôner tes vieux maîtres ! ^> Quoi î bouleversemens et scrupules ! en )) vérité , tu extravagues. Ton éducation )> patriotique est à refaire du haut en bas ; )) sinon, tu ne vivras , front baissé, qu^au » poste errant de Finconséquence, au lieu » de mourir, tête haute, en état de grâce » populaire. »
Raymond prêtait Foreille aux discours de Brienne avec une tranquille surprise. Il examinait, comme étude, cette créature légère qui , riant de tout et ne croyant à rien , se faisait du désordre un jeu, de Timmoralité une règle, et de Textravagance un système. Il se fût gardé d^approuver, il dédaigne de contredire; et, comme une lampe sans huile, Fentretien desséché s^éteint.
Un bruii d^armes a retenti : le sire de Coucy s^approche.
Brienne a quitté le comte de Toulouse ,