CHAPITRE XVIl
Ce dernier s'est élancé vers son illustre chef ; sa joue , sans couleur et sans pli , que , l'instant d'auparavant, on eût dite de cire ou de marbre, est devenue pourpre et brûlante. Les gardes d'Enguerrand se retirent.
<( — Raymond ! la liberté t'est rendue.
)) — Je vous en rends grâce , mon » prince ! »
Le dialogue a été court. Il s'y remarquait de la gêne; mais le regard du noble captif, se dégageant de toute contrainte , en disait plus que la parole.
« — Tu n'étais point coupable , jeune )) homme! a repris Coucy plus a l'aise. )> Reprends ton rang parmi tes frères : mon )> armée a besoin de braves.
» — Je n'étais point coupable , dis-tu ! )) répond le chevalier Toulousain d'une voix » lente et grave; en es-tu bien sûr, En- » guerrand ?
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» — Raymond ! je crois ton âme loyale.
» — Es-tu fermement assuré qu'ail Ter- )) mitage de Fontainebleau , il ne fut remis )) aucune dépêche à Fesclave maure ?
(( — Si Hakem eut eu un message, on )) Feût trouvé sur lui ; je Paurais.
» — Non ; s'*il Teùt broyé sous ses dents. )) L^ Africain a pu Tavaler.
)) — A quoi bon lever pareil doute ! il est )) évidemment constaté aujourdliui que la » Récente était informée de nos ^lans avant M ton retour parmi nous. Hakem n^a rien » remis à la reine ; et pourtant la reine a )) échappé à nos embûches. Or donc , s'il y » a eu trahison , elle vient de quelque autre » part : ce n'est pas toi qui as trahi. »
L'argument était sans réplique. Il y avait dans les évènemens qui se déroulaient autour de Raymond tant d'énigmes et de mystère