‹ Double règne (volume 2)Chapitre 89 sur 191 · CHAPITRE XVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVII

» Ions point des choses d^aniour. Partiras- >' tu, Raymond?

» — Est-ce un ordre ?

" — Oui : un ordre de Souverain. Me >> reconnais-tu le droit de t^en intimer un » semblable?

» — Mon prince ! disposez de moi. »

Et , le front courbé , la main levée , Raymond semble , avec une sorte de solennité ,

prêter de nouveau foi et hommage. C'est le sujet devant le roi.

Le sire de Coucy a feint de ne point remarquer la pensée secrète du comte, si clairement manifestée dans la pompe étudiée de son maintien. Il a poursuivi d'un ton ferme:

« — Tu serviras de guide, jeune homme ! » au comte Thibaut de Champagne. Tu »j l'introduiras , aidé de l'esclave africain ,

'j clans les appartemens souterrains , où, » jadis , Marie fut captive. . . »

Le pèlerin de Val des Ombres a relevé brusquement la tête.

« — Y serait-elle encore , Messire ?

» — J'ignore où Ta cachée le vicomte.

» — Pourquoi donc , et à tous propos , '1 son nom s'échappe- t-il de tes lèvres ? a » repris Raymond courroucé. Est-ce à des- » sein? je m'en étonne. Ne sais-tu pas que sa " pensée placée devant moi tue à l'instant » toutes les autres? Ne sais-tu pas que si » naguère elle et moi nous nous sommes » aimés séparément et en secret , aujourd'hui »> nous nous aimons ensemble et tout haut ? '^ ne sais- tu pas que la vie la plus torturée , » pourvu que ce fût où elle est , serait ' encore le bonheur ? Ne sais-tu pas que ,

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