CHAPITRE XVm. 2J
» et dons temporels. Un traité de paix ne )) tardera pas à être signé entre le souve- )) rain Pontife et moi. Ma famille va re- » couvrer ses droits , et mon pays renaître )» au bonheur. Ta sœur , amie de la ré- 1) gente , épouse le frère du roi ^ . Plus de » vengeances, plus de haines : réconcilia- » tion générale ^. Les jours de douleurs » sont passés : Dieu et Louis en soient » bénis ! »
Raymond porte ses mains à son front.
Un bruissement orageux de pensées contradictoires traversant son intelligence n^ arrête rien de complet , rien de net , rien de concevable. Son être, incertain, divisé,
' Voyez tous les auteurs déjà cités.
» On lui donna, en gage de réconcilialion, l'Ordre de rÉtoile. Traité des nobles, Lalloucttc, 1. 1, p. 44, in -4.
lui semble une nature multiple où chaque membre, devenu une existence à part et ayant ses angoisses distinctes, le torture en
sens difFérens. Il veut remuer, il se lève
il est retombé sur son siège ; on le dirait anéanti.
Combien de temps passa -t -il dans cet état de torpeur violente ? il ne le sut jamais lui-même. Tout à coup un vif éclat de lumière , provenant d^un reflet de feu sur un acier brillant , a scintillé sous sa paupière. Raymond , par un bond con\ailsif , s''est relevé debout , droit et raide. Son visage est d^une pâleur sinistre ; et son œil d'un noir lumineux.
<( — Qui va là ? s'est-il écrié . »
Sa voix rauque était menaçante.
« — Le sire Hugues de Lusignan. »